
Arp, P.A., Leger, W., Moayeri, M.H., et Hurley, J.E. 2001. Methods for mapping forest sensitivity to acid deposition for northeastern North America. Ecosystem Health 7: 35-47.
Sont proposées aux fins de comparaison deux méthodes permettant de cartographier les dépôts d'acide tolérables dans le contexte de la croissance naturelle et aménagée (exploitée) de la couverture forestière dans le Nord-Est de l'Amérique du Nord. La première fait appel aux données géospatiales existantes pour le type de couvert forestier, le type de sol, le climat local, la topographie et la déposition atmosphérique. La seconde fait appel à des sites bien étudiés pour lesquels il y a des données spécifiques. Des cartes seront tracées pour faire état de la distribution spatiale des taux de dépôt tolérables d'acide par essence, par éco-unité et par régime local de perturbation forestière (selon la méthode d'exploitation). D'autres cartes seront produites pour montrer les endroits où ces taux seront vraisemblablement dépassés et dans quelle mesure ils le seront. L'information ainsi produite sera soumise aux décideurs et aux intervenants dans le domaine de la santé des forêts et des mesures d'atténuation pour ce qui est des émissions de soufre (S) et d'azote (N) dans la région.
Cameron, S.I. 2001. Use of a prototype gel hardness tester to demonstrate the effect of variable calcium concentration on gel rigidity. In Vitro Cell. Dev. Biol.--Plant 37: 419-424.
La sonde du dynamomètre de traction perfore le gel dans la boîte de Petri et, au même moment, la force maximale est enregistrée, ce qui donne une estimation de la résistance élastique du gel. On donne un exemple d'emploi de l'appareil lorsque l'agent gélifiant est l'agar, dans un cas, et la gomme gellane (gelrite), dans l'autre. Des tests avec une série de teneurs en calcium différentes dans des gels de concentration variée font ressortir que les profils de rigidité de gel diffèrent. Enfin, la rigidité de trois milieux de culture typiques (le milieu de Litvay coupé à moitié, le DCR et le milieu de Murashige et de Skoog), gélifiés avec l'un et l'autre agent, est comparée.
Cox, R.M., Malcolm, J.W., Hughes, R.N., and Williams, T.P.W. 2001. Sampling ozone exposure of Canadian forests at different scales: some case studies. The Scientific World 1: xxx-xxx.
L'emploi d'échantillonneurs passifs pour la surveillance étendue, notamment pour les placettes de surveillance de la santé des forêts au niveau national, porte à croire que ceux-ci permettent de déterminer les différences, dans le temps et dans l'espace, dans l'exposition à l'ozone de ces placettes. Ainsi, la catégorisation des placettes et l'analyse du potentiel de cause à effet de certaines interventions pour la santé des forêts peuvent être faites. L'exposition de la forêt suivant un gradient de dépôt par pollution atmosphérique fait état de grandes variations dans les expositions cumulées. L'efficacité de l'emploi d'échantillonneurs passifs pour la surveillance in situ de l'exposition du couvert forestier est aussi mise en lumière. Les données d'échantillonneurs montrent des relations faibles avec les valeurs applicables à l'ozone obtenues du moniteur "en continu" le plus près, même si les données d'échantillonneurs colocalisés indiquent des relations fortes. La variation spatiale et l'effet manifeste de l'élévation sur l'exposition à l'ozone font ressortir l'importance de la topographie et des caractéristiques de couvert forestier sur l'exposition des plantes à l'échelle régionale. De plus, l'échantillonnage passif peut identifier les effets de gaz polluants locaux, dont le NOx, qui peuvent piéger l'ozone localement seulement pour accroître la production de ce polluant secondaire en aval, car les réactions atmosphériques rétablissent l'équilibre entre les concentrations de ce précurseur et celles de l'ozone produit. L'emploi d'échantillonneurs passifs au niveau du peuplement permet de résoudre les profils verticaux au sein des effets de peuplement et de lisière qui sont importants dans l'exposition du sous-couvert et de la flore au sol. De récentes études au moyen d'échantillonneurs passifs pour déterminer l'exposition des forêts à l'ozone font état d'un grand potentiel pour l'élaboration de modèles spatiaux à l'échelle d'une région, d'un paysage et d'un peuplement.
Isebrands, R., McDonald, E.P., Kruger, E., Hendrey, G., Percy, K.E., Pregitzer, K., Sober, J., et Karnosky, D.F. 2001. Growth responses of Populus tremuloides clones to interacting elevated carbon dioxide and tropospheric ozone. Environ. Pollut. 115: 359-371.
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat est arrivé à la conclusion que les concentrations des gaz à effet de serre que sont le gaz carbonique (CO2) et l'ozone troposphérique (O3) augmentent concomitamment à l'échelle du globe. On sait peu de choses de l'effet de ces gaz en interaction sur la croissance, la survie et la productivité des écosystèmes forestiers. Dans l'étude, nous évaluons les effets de trois années successives d'exposition à des concentrations élevées de CO2 et d'O3 sur la croissance d'un mélange de cinq clones du peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) dans une régénération située à Rhinelander, au Wisconsin, (45o N 89o W). Pour l'expérience, nous avons employé une technique d'enrichissement en gaz carbonique et en ozone à l'air libre. La peupleraie a été exposée à une triple combinaison factorielle de quatre « traitements » (concentration élevée de CO2 [560 ppm], concentration élevée d'O3 [exposition épisodique à 90 L.L 1.h 1], combinaison de concentrations élevées de CO2 et d'O3, et groupe témoin des conditions d'ambiance, dans des cercles expérimentaux de 30 m).
Nos résultats globaux ont montré que nos trois paramètres d'accroissement (hauteur, diamètre et volume) ont varié de façon proportionnelle avec CO2, inversement proportionnelle avec O3, et n'ont pas sensiblement différé des paramètres de témoin après exposition à CO2 + O3. Cependant les clones ont réagi de façon sensiblement différente : les cinq exposés au CO2 et un exposé à O3 ont manifesté une augmentation par rapport au groupe témoin, tandis que, chez les clones exposés à CO2 + O3, deux ont présenté une augmentation, deux une réduction et un aucune différence sensible par rapport au groupe témoin. Au cours de la période de dormance de 1999 et 2000, notamment, le dépérissement de la pousse terminale de l'année exposée au CO2 a sensiblement augmenté. Particulièrement marqué chez deux clones, le phénomène a été corrélé à une période de croissance automnale plus longue, qui exposait ces clones au gel. Nos résultats montrent que, sur le terrain, la concentration élevée d'O3 annule chez P. tremuloides les effets positifs escomptés, pour l'accroissement, de l'exposition à une concentration élevée de CO2, et ils portent à croire que les prévisions climatologiques modélisées devraient désormais tenir compte des effets compensateurs de la concentration élevée d'O3 sur l'enrichissement en CO2, quand on voudra estimer l'accroissement des peuplements de faux-trembles.
Li, S.Y., et Otvos, I.S. 2001. Differences in activity enhancement of a baculovirus by an optical brightener between Choristoneura fumiferana and Choristoneura occidentalis (Lepidoptera: Tortricidae). Can. Ent. 133: 329-332. (Note.)
Longauer, R., Gömöry, D., Paule, L., Karnosky, D.F., Mankovska, B., Müller-Starck, G., Percy, K.E., et Szaro, R. 2001. Selection effects of air pollution on gene pools of Norway spruce, European silver fir and European beech. Environ. Pollut. 115: 405-411.
Par l'analyse des isozymes, nous avons examiné les effets de la pollution industrielle sur les structures alléliques et génotypiques de l'épinette de Norvège, du sapin pectiné et du hêtre commun (d'Europe). Nous avons choisi deux groupes (de 44 et de 69 paires dans un peuplement fortement et modérément endommagé, respectivement) de paires d'arbres voisins en mauvais état et apparemment sains dans un peuplement mixte d'épinettes de Norvège et de sapins pectinés d'une région fortement polluée par le dioxyde de soufre et les métaux lourds, dans les environs de Spis (est de la Slovaquie). Cet échantillonnage par paire d'arbres présentant un contraste de vitalité visait à atténuer les effets potentiels de l'hétérogénéité des emplacements sur la vitalité des arbres choisis. Nous n'avons pas constaté d'écarts sensibles des fréquences alléliques et génotypiques entre les ensembles d'arbres sains et d'arbres en train de dépérir. Il y avait des écarts dans les hétérozygoties à un seul locus, mais il n'y avait pas de constance entre les deux groupes d'échantillons. Cependant, l'ensemble des arbres en mauvais état présentait un indice supérieur de multiplicité et de diversité génétique, peut-être en raison de l'effet délétère d'allèles rares dans un contexte de pollution atmosphérique. Après le dépérissement des arbres sensibles aux polluants, le peuplement résiduel aura donc perdu une partie des allèles dont la valeur adaptative aux éventuelles pressions de la sélection est inconnue.
Piene, H., Ostaff, D.P., et Eveleigh, E.S. 2001. Growth loss and recovery following defoliation by the balsam fir sawfly in young, spaced balsam fir stands. Can. Ent. 133: 675-686.
Deux boisés de sapins baumiers [Abies balsamea (L.) Mill. (Pinaceae)] sous gestion intense, situés dans une région envahie par des Diprions du sapin du complexe, Neodiprion abietis (Harr.) (Hymenoptera: Diprionidae) dans l'ouest de l'île de Terre-Neuve, ont été choisis pour l'étude de la perte de croissance et de la récupération à la suite d'une défoliation importante due au diprion au début des années 1990. Quatre ans après le début de l'infestation, les augmentations annuelles du volume des sapins avaient baissé de 78-81 %. La diminution de la croissance en volume et la récupération coïncidaient respectivement avec l'infestation et avec le déclin de la population de diprions. La vitesse du retour à la croissance normale après la forte défoliation s'est avérée lente parce qu'il n'y a pas eu destruction des bourgeons, ce qui aurait déclenché l'ouverture des bourgeons réprimés, augmentant ainsi la production de feuillage. Il est donc essentiel que les pertes importantes de croissance en volume à la suite de défoliations graves causées par les diprions soient prises en compte dans les calculs du bois d'approvisionnnement, de façon à permettre l'ajustement de la gestion des coupes annuelles permises dans l'avenir. De plus, pour assurer la récupération maximale des boisés après une infestation, les populations de diprions doivent être maintenues au minimum pour éviter d'autres pertes de feuillage.
Royama, T. 2001. Measurement, analysis, and interpretation of mortality factors in insect survivorship studies, with reference to the spruce budworm, Choristoneura fumiferana (Clem.) (Lepidoptera: Tortricidae). Population Ecology 43: 157-178.
Une théorie et une méthode pratique sont élaborées pour évaluer la survie des insectes sous l'angle d'un processus continu dans le temps ainsi que les effets des principaux facteurs qui la déterminent, l'objet étant d'apporter des solutions à certains problèmes d'études sur la survie. Il y a deux façons d'évaluer les taux de mortalité, le taux nominal et le taux marginal. Le taux nominal est fondé sur le nombre obtenu en fonction de la cause immédiate de la mort; il dépend de la méthode d'observation employée et peut être incohérent d'une étude à l'autre. Le taux marginal n'est pas soumis à ces incohérences. Le taux marginal attribuable à l'union du parasitisme et de la maladie est évalué par l'échantillonnage fréquent sur le terrain et l'élevage de chaque lot d'échantillons en laboratoire pendant une courte période. La comparaison du taux avec le taux de mortalité sur le terrain, directement évalué par échantillonnage, détermine le taux marginal de prédation. Il n'est pas possible de déterminer par l'observation les taux marginaux de parasitisme et de maladie. Une méthode par calcul est élaborée pour établir les valeurs approximatives. Une procédure détaillée de calculs numériques avec données est présentée en annexe. L'exactitude de l'estimation de la mortalité dépend de la fréquence de l'échantillonnage sur le terrain et de celui de l'inspection des sujets morts en cours d'élevage. On discute de la fréquence de l'échantillonnage et de l'inspection. La méthode d'évaluation du parasitisme élaborée ici présente un grand avantage sur la méthode conventionnelle, fondée sur la dissection des échantillons, ou leur élevage, et qui donne souvent lieu à de graves sous-estimations. On présente aussi l'importance relative des facteurs de mortalité sous l'angle de la lutte contre les ravageurs ainsi que le concept de « contribution conjointe ». Parmi les autres considérations pratiques abordées, citons le transport des échantillons, les conditions d'élevage et la façon de traiter la « mort sur le terrain » chez les échantillons, du syndrome de la mort en cours d'élevage et des sujets « virtuellement morts ».
Beckley, T.M., et Reimer, W. 1999. Helping communities help themselves: Industry-community relations for sustainable timber-dependent communities. For. Chron. 75: 805-810.
Les conditions sociales, politiques et économiques changent dans le Canada rural. L’industrie forestière a géré les communautés rurales à travers tout le pays au cours de plusieurs siècles et les relations entre les compagnies forestières et les communautés ont évolué avec le temps. Cet article illustre un modèle de relations compagnie-communauté que cherchent à établir une communauté durable étant donné les nouvelles réalités qui existent dans le monde rural canadien. Le modèle sera utile aux entreprises forestières ainsi qu’aux communautés qui les accueillent. Six problèmes qui empêchent la durabilité au niveau des communautés dépendantes de l’industrie forestière sont soulignés, et plusieurs idées de geste à poser par les entreprises pour faire face à ces défis sont présentées. Parmi celles-ci, on retrouve le support du développement du capital humain, le développement du leadership, le développement d’entreprise, l’entretien des communautés en santé, et l’assurance que les coûts et les bénéfices associés à la dépendance de l’exploitation forestière soient répartis équitablement entre les régions où les compagnies visées exercent une sphère d’influence et entre les communautés où les compagnies sont établies.
Nous avons régénéré des arbres à partir de six clones embryogènes de l’épinette blanche à la suite d’une période de cryopréservation de trois ans et de quatre ans respectivement. Nous avons analysé les empreintes d’ADN polymorphes amplifiés au hasard (RAPD) pour évaluer la stabilité génétique. Nous avons décelé une variation somaclonale parmi certaines cultures embryogènes in vitro deux et douze mois après qu’elles aient été rétablies à la suite de la période de cryopréservation mais non chez les arbres régénérés correspondants. Ces résultats laissent supposer que les arbres régénérés au cours des années subséquentes à partir de cultures conservées par cryopréservation sont principalement génétiquement stables dans les régions génomiques soumises à des essais et que la variation qui a découlé du processus de culture in vitro influe rarement sur les arbres régénérés à partir d’embryons somatiques dont la maturation et la germination se déroulent normalement. Toutefois, on a relevé un changement dans la configuration des fragments de RAPD chez les arbres régénérés à partir d’embryons somatiques dont la maturation et la germination se sont déroulées de façon anormale dans les cultures in vitro.
La pousse terminale (âgée d’un an) de semis de sapins baumiers dormants (Abies balsamea [L.] Mill.) âgés de deux ans a été laissée à la verticale ou a été inclinée selon un angle de 60o par rapport à la verticale (essai d’inclinaison) ou a fait l’objet d’une application circulaire d’acide N-1-naphthylphthalamique (ANP) – un inhibiteur du transport de l’acide indol-3-acétique – à une concentration de 0, 1 et 10 mg g-1 de lanoline (essai sur l’ANP). À la suite de six semaines de croissance, on a mesuré l’évolution de l’éthylène à partir de la région cambiale au moyen de la chromatographie en phase gazeuse avec détecteur à ionisation de flamme, et on a mesuré la production de trachéides ainsi que la formation de bois de compression au moyen de la microscopie. Chez les semis laissés à la verticale dans le cadre des essais d’inclinaison et chez les semis traités au moyen d’une solution de 0 mg g-1 durant les essais sur l’ANP, il n’y a eu aucune formation de bois de compression et on n’a relevé aucune variation longitudinale ou circonférencielle à l’intérieur de la tige pour ce qui est de l’évolution de l’éthylène et de la production de trachéides. L’inclinaison a déclenché la formation de bois de compression en plus d’accroître l’évolution de l’éthylène et la production de trachéides sur la face inférieure de la tige tandis qu’elle a réduit la production de trachéides sur la face supérieure de celle-ci. On a déclenché la formation de bois de compression et on a stimulé la production de trachéides et l’évolution de l’éthylène au point d’application de 1 ou 10 mg d’ANP g-1 et au-dessus de celui-ci tandis que sous ce point, la formation de bois de compression ne s’est pas produite et la production de trachéides a été inhibée. On a relevé une corrélation positive, dans le cadre des essais d’inclinaison et des essais sur l’ANP, entre l’évolution de l’éthylène et la production de trachéides lors de l’analyse des données relevées concernant tous les semis, mais non lorsqu’on a exclu les données relatives aux semis chez lesquels on a décelé la formation de bois de compression. Les résultats des essais indiquent que la formation de bois de compression accroît l’évolution de l’éthylène dans la région cambiale et que cette augmentation est liée à la formation de bois de compression en soi et non à l’augmentation concomitante de la production de trachéides.
Dans le but d’évaluer la possibilité de mesurer les indices de vigueur des forêts à partir de la réflectance spectrale foliaire, nous avons étudié une série de peuplements de sapins baumiers dont l’état variait à la suite de divers traitements. Pour accroître la vigueur des sujets, nous avons exécuté les traitements suivants : taille des racines, traitement témoin, coupes d’éclaircie, et coupes d’éclaircie avec fertilisation. Les concentrations de chlorophylle et d’azote ont augmenté considérablement des parcelles où la vigueur des arbres était faible aux parcelles où la vigueur des arbres était élevée, et la longueur des pousses a plus que triplé. Nous avons mesuré la réflectance des pousses des sapins baumiers de chacun des traitements en laboratoire au moyen d’un spectroradiomètre portatif dont la gamme spectrale s’étendait de 350 nm à 2 500 nm. La réflectance a diminué de façon constante en même temps que la vigueur dans la région spectrale analysée. La plupart des gammes d’ondes ont révélé que les traitements avaient eu des effets marqués, et les gammes d’ondes les plus significatives se trouvaient dans la région d’absorption de la chlorophylle entre 500 nm et 740 nm. La classe d’âge du feuillage et la date de prélèvement des échantillons ont aussi influé sur la réflectance dans ces gammes d’ondes. Les traitements ont influé sur les indices de réflectance, qui sont définis comme le rapport et l’écart normalisé entre la gamme d’ondes la plus significative à 711 nm et la gamme d’ondes la moins significative à 913 nm (P < 0,0001). On a relevé une forte corrélation entre l’indice des écarts normalisés et les concentrations de chlorophylle-a (r2 > 0,69) et d’azote (r2 > 0,52), et la longueur des pousses (r2 > 0,69); cela signifie donc que l’indice spectral de la vigueur du sapin baumier englobe plusieurs aspects de l’état physiologique des forêts.
Nous avons examiné les tendances relatives au nombre de pousses, à la longueur des pousses, à la longueur des aiguilles et au poids du feuillage durant un cycle de prolifération de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana [Clem.]) chez le jeune sapin baumier (Abies balsamea [L.] Mill.), représentant quatre états d’espacement et de défoliation. Les traitements ont porté sur des arbres défoliés espacés et non espacés, et des arbres protégés (lutte antiparasitaire effectuée au moyen d’une pulvérisation annuelle d’insecticide visant à prévenir la défoliation) espacés et non espacés. Nous avons mesuré les paramètres du feuillage d’une branche à tous les deux verticilles de 20 à 38 arbres par traitement et ce, tous les ans de 1976 à 1984. Nous avons constaté que les arbres protégés espacés comportaient environ trois fois plus de pousses que les arbres protégés non espacés (1 140 pousses par arbre, par comparaison à 400 pousses par arbre). Il n’y avait en général aucune différence significative entre les arbres protégés espacés et les arbres défoliés espacés, ni entre les arbres protégés non espacés et les arbres défoliés non espacés. Pour ce qui est des arbres protégés, le nombre de pousses était plus élevé à partir du sommet de la couronne jusqu’au milieu de celle-ci et moins élevé ou stable vers la base tandis que chez les arbres défoliés, les pousses étaient le plus nombreuses dans la partie inférieure de la couronne. Les pousses étaient plus longues chez les arbres protégés que chez les arbres défoliés (la longueur moyenne des pousses atteignant de 3,9 à 4,0 cm par comparaison à 2,2 cm), mais l’espacement n’a eu aucun effet. Les pousses les plus longues se trouvaient sur les verticilles les plus élevés des arbres protégés, et les pousses étaient moins longues vers la base tandis que les pousses étaient de la même longueur à l’échelle de la couronne des arbres défoliés mais dès 1984, la longueur de celles-ci se rapprochait des tendances relevées chez les arbres non défoliés. La défoliation a entraîné l’apparition d’aiguilles plus longues un an plus tard, mais elle a provoqué la formation d’aiguilles plus courtes trois ans plus tard; nous n’avons décelé aucun lien constant entre la longueur des aiguilles et la position de celles-ci dans la couronne tandis que l’espacement a influé sur la longueur des aiguilles trois ans et deux ans plus tard respectivement chez les arbres protégés et les arbres défoliés. Le poids du feuillage par arbre était de 2,7 à 3,3 fois plus élevé chez les arbres protégés espacés que chez les arbres protégés non espacés tandis que dès 1981, le poids du feuillage des arbres défoliés atteignait seulement de 7 à 12 % du poids du feuillage des arbres protégés. Toutefois, dès 1984, le taux d’augmentation du poids du feuillage des arbres protégés était semblable au taux d’augmentation relevé chez les arbres défoliés. Indépendemment du traitement, le poids maximal du feuillage a été relevé dans la partie inférieure de la couronne. Pour ce qui est des arbres protégés non espacés supprimés, nous avons remarqué qu’un changement s’était produit avec le temps sur le plan de la répartition du poids du feuillage, le poids du feuillage ayant augmenté dans la partie supérieure de la couronne.
Dans le cadre d’une étude antérieure, on a constaté que la teneur en lignine du xylème de la tige de tabac était plus élevée chez les plants transgéniques surproducteurs de A.I.A. de la lignée C que chez les plants de type sauvage (Sitbon et al., Plant Physiol. no 99 [1992], p. 1062-1069). Nous avons confirmé cette observation durant la présente étude et nous démontrons que la composition de la lignine a été modifiée chez les transformants puisque le rapport entre les unités de syringyle et de guaiacyle a diminué en raison de l’augmentation du nombre d’unités de guaiacyle. Nous avons constaté que la production d’éthylène avait augmenté dans les feuilles et les entrenoeuds des plants de la lignée C et que la capacité de production d’éthylène de ces derniers avait aussi augmenté à la suite des lésions infligées et de l’application exogène de A.I.A. En outre, l’activité du peroxidase (POD) était plus grande chez les plants de la lignée C tandis que l’activité de l’alcool cinnamique déshydrogénase et de la B-glucosidase était semblable chez les deux génotypes. La teneur en ARN messager d’un POD anionique du tabac, qui était antérieurement associée à l’accroissement de la teneur en lignine et en résines polyphénoliques connexes lorsqu’elle était surexprimée chez les plants de tabac transgéniques (Lagrimini, Plant Physiol. no 96 [1991], p. 577-583), a augmenté chez les plants de la lignée C. Il est suggéré que la teneur élevée en A.I.A. relevée chez les transformants augmente l’activité du POD et accroît par conséquent la déposition de lignine si l’on induit la synthèse de l’éthylène.
Une étude des populations larvaires et nymphales de la tordeuse de l’épinette, Zeiraphera canadensis Mutuura et Freeman (Lepidoptera: Tortricidae), effectuée de 1994 à 1996 à l’est de Terre-Neuve a montré que le taux de parasitisme par les Hyménoptères atteignait 50% pour Tycherus osculator (Thünberg) (Ichneumonidae), 15% pour Earinus zeirapherae (Walley), moins de 3% pour Ascogaster (Wesmael 1835) sp. et Clinocentrus (Haliday 1833) sp. (Braconidae), et moins de 1% pour Lamachus (Foerster 1868) sp. et Triclistus (Foerster 1868) sp. (Ichneumonidae). Tycherus osculator, E. zeirapherae, Ascogaster sp. et Clinocentrus sp. sont pour la première fois mentionnés à Terre-Neuve alors que T. osculator n’avait encore jamais été trouvé dans la région néarctique. La biologie de populations européennes de T. osculator a été étudiée sur un hôte naturel, Zeiraphera diniana (Guenée). Seules les femelles ont hiverné et la maturation ovarienne n’a été observée qu’après une période hivernale de plusieurs mois à basse température. Tycherus osculator a parasitisé avec succès les pré-nymphes et nymphes de tous âges mais, au laboratoire, il a préféré les nymphes. Les femelles ont souvent été observées s’alimentant sur l’hôte, mais cette activité n’était pas nécessaire à la maturation ovarienne. Une population européenne de T. osculator a parasitisé avec succès la tordeuse de l’épinette au laboratoire. Des comparaisons morphologiques ont montré que les T. osculator européens obtenus de Z. canadensis étaient plus petits que ceux obtenus de Z. diniana. Tycherus osculator, de Terre-Neuve ou d’Europe, est considéré comme un agent de lutte biologique potentiel contre Z. canadensis sur le continent nord-américain, où il est apparemment absent.
On a déterminé la structure temporelle de la diffusion de phéromones chez la femelle de Anaphes listronoti au moyen d’un olfactomètre à quatre voies dans lequel on a observé, à intervalles de deux heures, la réaction de mâles âgés de moins de deux heures à l’odeur émanant de femelles vierges individuelles âgées de moins d’un jour, d’un jour et de deux jours. Cette expérience a permis de constater pour la première fois la présence de phéromones sexuelles chez une Mymaridae. Sous l’effet d’une photopériode de 16 heures d’éclairage par jour et d’une température constante de 24 0C, la réceptivité des mâles aux femelles d’âges différents a varié considérablement au cours de la photophase. Lorsqu’on a utilisé des femelles âgées de moins d’un jour, les mâles ont fait un beaucoup plus grand nombre de choix définitifs dans le champ à bouquet phéromonal que dans les champs inodores et ce, quatre et six heures après le début de la photophase, et leur vitesse de marche était beaucoup plus élevée de quatre à douze heures, ce qui laisse supposer que les femelles ont commencé à sécréter une phéromone à longue portée au cours de cette période. On a remarqué que les mâles ont fait des choix définitifs et accéléré leur vitesse de marche plus tôt en ce qui concerne les femelles âgées d’un jour et de deux jours qu’en ce qui concerne les femelles âgées de moins d’un jour et qu’ils réagissaient beaucoup moins six heures après le début de la photophase, ce qui laisse supposer que la structure temporelle de la diffusion des phéromones sexuelles est bimodale.
Un échantillon primaire de 384 femelles et de 650 mâles a été recueilli dans le cadre d’un prélèvement de taons [du type greenheads] dans des marais salés intertidaux en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Maine. Les échantillonneurs ont couru avec les filets; cette technique a permis de capturer plus de mâles que de femelles à la plupart des sites. Une méthode visant à distinguer les mâles du Tabanus nigrovittatus de ceux du T. conterminus, selon le nombre de rangées d’ommatidies entre le centre de la courbure et la divergence inférieure des yeux composés, est mise au point. La longueur corporelle totale des femelles prélevées au nord du cap Cod est comparée à celle des femelles de l’échantillon provenant du cap Cod. La population de l’échantillon septentrional semble être formée uniquement de T. nigrovittatus, sans T. conterminus; chez l’espèce T. nigrovittatus, la longueur corporelle moyenne des femelles est plus élevée que chez celles du New Jersey.
On a déterminé les courbes pression volume d’épinettes noires (Picea mariana [Mill.] B.S.P.) appartenant à quatre familles pleines-soeurs. Au cours des deux premières années, on a mesuré les arbres d’une plantation établie sur un sol sec. Au cours de la troisième année, on a échantillonné des arbres de la plantation à sol sec et des arbres établis sur un sol mouilleux. La mesure diurne du potentiel hydrique des pousses a permis d’estimer la turgescence in situ des pousses ainsi que les caractères types des relations entre les pousses et l’eau. Au fil des ans, on a remarqué que le potentiel osmotique à saturation (Qsat) des descendants de la femelle 59 était inférieur à celui des descendants de la femelle 63. Les différences génétiques relevées par rapport au Qsat étaient les mêmes sur le site à sol sec et sur le site à sol mouilleux. Le module d’élasticité (E) des descendants de la femelle 59 était supérieur à celui des descendants de la femelle 63 et a produit un effet compensatoire qui n’a donné lieu à aucune différence génétique et à aucune différence entre les sites quant au potentiel osmotique au point de perte de turgescence (Qtlp) ou à la teneur relative en eau au point de perte de turgescence (RWCtlp). Les pressions hydrostatiques intracellulaires moyenne et de base (Px et Ppd) des pousses étaient plus élevées chez les descendants de la femelle 59 que chez les descendants de la femelle 63, et elles étaient plus élevées sur le site à sol mouilleux que sur le site à sol sec. On a étudié les tendances génotype x environnement; par comparaison aux descendants de la femelle 63, la Ppd des descendants de la femelle 59 était supérieure de 9,8 et de 5,1 % sur le site à sol sec et le site à sol mouilleux respectivement, et la Ppd était supérieure de 3,4 et de 9,8 % au cours des années humides et des années sèches respectivement. On n’a relevé aucun lien entre l’accroissement en volume des arbres et le Qtlp ou la RWCtlp, mais on a décelé une corrélation entre l’accroissement en volume et le Qsat et la Px; toutefois, la corrélation était la plus étroite avec la Ppd (r = 0,90).
C’est en 1989 que survenait au Nouveau-Brunswick (Canada) la première épidémie consignée de l’arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria fiscellaria (Guen.)). De 1992 à 1994, des données ont été recueillies dans dix parcelles établies dans une zone infestée afin d’évaluer les ravages de l’arpenteuse de la pruche. L’on a effectué des estimations à l’oeil ainsi que des évaluations d’échantillons de branches d’arbres ayant subi une défoliation récente, et des estimations à l’oeil de la défoliation globale (pour toutes les classes d’âge de feuillage), et ce pour les sapins baumiers (Abies balsamea (L.) Mill.), les épinettes blanches (Picea glauca (Moench) Voss) et les épinettes noires (Picea mariana (Mill.) B.S.P.). L’on a aussi évalué la réaction des peuplements à la défoliation cumulative. Il a été déterminé que les estimations à l’oeil permettaient d’évaluer avec précision la défoliation qui était étroitement liée à la mortalité des arbres. Quatre-vingt-douze pour cent des arbres qui avaient subi une défoliation cumulative supérieure à 90 % en sont morts. La mortalité des sapins baumiers était, dans une assez grande mesure (p < 0,05), associée à la taille des arbres à la fois dans les parcelles légèrement ou lourdement défoliées. Ainsi les arbres dont le dhp était moins de 11 cm ont connu un taux de mortalité de 22 à 48 % supérieur aux arbres plus imposants. La mortalité des sapins baumiers - tant sur le plan du pourcentage de tiges par hectare que sur le plan des m3 par hectare de volume marchand - s’est accrue de façon exponentielle en rapport avec trois estimations de la défoliation cumulative moyenne dans les parcelles. Les rapports les plus probants (r2 = 0,75 = 0/79) s’établissaient entre la mortalité et l’estimation à l’oeil de la défoliation pour le feuillage des classes d’âge de 1990 à 1993. La mortalité des arbres causée par l’épidémie de l’arpenteuse de la pruche allait de 4 à 14 % des tiges par hectare dans les parcelles légèrement défoliées jusqu’à 32 à 100 % dans des parcelles radicalement défoliées. Pour ce qui est du volume marchand détruit, il allait respectivement de 3 à 14 m3/ha dans les parcelles légèrement défoliées et de 51 à 119 m3/ha dans les parcelles gravement ravagées. Les ratios entre la mortalité et la défoliation étaient semblables lorsque la défoliation a été évaluée pour les classes de feuillage de 1987 à 1993.
La planification par scénario a été utilisée pour élaborer un processus de planification de l’aménagement établi par consensus entre plusieurs intervenants pour un territoire de 114 000 ha situé au Nouveau-Brunswick, Canada. Il s’agit d’un élément de la Forêt modèle de Fundy qui regroupe quatres groupes principaux de propriétaires ainsi que 26 autres organismes partenaires. La consultation publique et les intrants des partenaires ont été utilisés pour établir 25 scénarios, déterminer les effets des mesures alternatives d’aménagement des bandes riveraines, de construction de chemin, de contrôle de la végétation et des insects, de récolte, de maintien de la biodiversité, et d’établissement de plantation. Le logiciel de modélisation forestière Woodstock a été utilisé pour déterminer les effets de chacun des scénarios sur les stocks de bois, la structure forestière, les mesures de biodiversité et d’intégrité écologique, les zones de forêt mature, et les habitats fauniques. Lors d’une série d’ateliers, les Partenaires ont réussi à atteindre un consensus autour d’un scénario d’aménagement “préféré” de la Forêt modèle de Fundy, qui a été transmis aux gestionnaires du territoire pour fin d’implantation. L’élaboration du processus de planification de l’aménagement et l’utilisation des procédures de planification par scénario pour la Forêt modèle de Fundy sont décrits.
On a déterminé les courbes pression volume d’épinettes noires (Picea mariana [Mill.] B.S.P.) appartenant à quatre familles pleines-soeurs ainsi que le potentiel hydrique des pousses de celles-ci dans la Forêt expérimentale de Petawawa en Ontario (Canada). En 1992, on a échantillonné des arbres établis sur un site à sol sec et en 1993, on a échantillonné des arbres sur le site à sol sec et sur un site à sol mouilleux. Le module d’élasticité (E), ainsi que le potentiel osmotique au point de perte de turgescence (Qtlp) et la teneur relative en eau au point de perte de turgescence (RWCtlp) ont diminué au cours de la saison de croissance. On n’a décelé aucune tendance temporelle générale sur les plans du potentiel osmotique à saturation (Qsat) et de la turgescence. Sous un éventail de conditions du milieu, le Qsat des descendants de la femelle 59 était égal ou inférieur à celui des descendants de la femelle 63, et le E ainsi que la pression hydrostatique intracellulaire moyenne (Px) et la pression hydrostatique intracellulaire de base (Ppd) des descendants de la femelle 59 étaient supérieurs ou semblables à ceux des descendants de la femelle 63. Le potentiel osmotique à saturation a diminué lorsque le stress hydrique est passé de léger à moyen, et il a augmenté lorsque le stress hydrique est passé de moyen à grave. Les différences génétiques stables sont restées les mêmes en ce qui concerne le Qsat sous l’effet du même taux d’ajustement osmotique à la suite duquel le stress hydrique est passé de faible à moyen. Le module d’élasticité et la RWCtlp ont diminué à mesure que la quantité d’eau disponible a diminué, tandis que le Qtlp n’a pas changé. Les effets combinés du Qsat et de E n’ont pas modifié la Ppd lorsque le stress hydrique est passé de léger à moyen, mais la turgescence a diminué de façon marquée lorsque le stress hydrique est passé de moyen à élevé. Nous concluons que les caractères de résistance à la sécheresse influent considérablement sur la croissance de ces familles d’épinettes noires à l’échelle des sites dont la quantité d’eau disponible diffère.
Le Betula papyrifera (bouleau blanc) est un arbre que l’on retrouve couramment à l’échelle de la forêt boréale du Canada; il représente 12 % du volume total des arbres de l’île de Terre-Neuve. Cet arbre forme des peuplements purs à la suite des récoltes et des perturbations liées aux feux irréprimés et il constitue une composante courante de la plupart des peuplements de résineux. On connaît mal les incidences écologiques de la récolte d’arbres entiers et des méthodes de récolte conventionnelles de cette essence et la façon dont ces incidences varient selon les conditions pédologiques et l’état des sites.
Cette étude a pour objet d’examiner la production de la litière et des matières organiques ainsi que l’écologie connexe des sites dans neuf peuplements de Betula papyrifera de qualité moyenne à élevée, répartis dans trois zones de la région centrale de Terre-Neuve, dont les conditions topographiques et de drainage diffèrent. Nous avons sélectionné les trois sites suivants : Badger West (BW), Moose Pond (MP) et Middleton Lake (ML). Le site ML était de la plus haute qualité (comportant le meilleur ratio hauteur/âge, 18 m/60 ans, et le meilleur ratio hauteur/DHP, 18 m/30 cm); venaient ensuite les sites MP et BW. L’épaisseur de la litière sur les moders et les mulls bien développés atteignait en général de 2 à 3 cm et allait de 1 à 15 cm. L’épaisseur du tapis forestier (mesurée sur 324 profils) atteignait rarement 20 cm et allait généralement de 5 à 10 cm; l’épaisseur variait en fonction de la position et du site. Les données rassemblées quant à la quantité totale et disponible d’éléments nutritifs indiquent que parmi les types de forêts locales, les peuplements de B. papyrifera produisent l’un des types de matières organiques de la plus haute qualité et jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité des sites. La teneur moyenne en azote (N) du feuillage vert (2,21 %) et de la litière piégée (1,03 %) était le plus élevée sur le site de la plus haute qualité, c’est-à-dire le site ML, qui était suivi des sites MP et BW. La teneur en calcium (0,85 %) était le plus élevée sur le site dont la qualité était la plus faible. Quatre ans après la récolte, l’épaisseur de la litière avait considérablement diminué sur tous les sites et à la suite de tous les traitements, sauf sur le site BW à la suite du traitement axé sur la récolte d’arbres entiers. L’épaisseur totale du tapis forestier a diminué considérablement sur tous les sites à la suite du traitement axé sur la récolte de troncs entiers, et sur le site MP à la suite de la récolte d’arbres entiers.
Nous avons décelé une diminution marquée de l’azote disponible à la suite des deux types de traitements et ce, tant sur le site MP que sur le site BW. Le changement survenu quant à la quantité de phosphore disponible était négligeable, mais celle-ci a augmenté sur le site MP à la suite de la récolte de troncs entiers. La quantité de potassium disponible a diminué considérablement sur les sites ML et BW à la suite de la récolte d’arbres entiers mais elle a beaucoup augmenté sur les sites ML et MP à la suite de la récolte de troncs entiers. La quantité de calcium disponible a diminué de façon marquée sur les sites MP et BW à la suite des deux traitements.
Étant donné que les adultes de Alechara bilineata Gyll. (coléoptères : Staphylinidae) se nourrissent des oeufs et des larves de la mouche du chou, Delia radicum (L.) [diptères : Anthomyiidae], on pourrait peut-être utiliser cette espèce pour lutter contre ce parasite. Nous avons mené des essais au moyen d’un olfactomètre à tubulure en Y pour déterminer si des indicateurs chimiques influent sur le comportement alimentaire des adultes de A. bilineata et pour cerner avec précision les sources possibles de stimulation. Les adultes de A. bilineata se sont dirigés vers la source de stimulation que constituaient la plante alimentaire de la proie (rutabaga : Brassica napus var. napobrassica [L.] Reichb.) et le complexe proie-plante (rutabaga infesté de larves de la mouche du chou), mais les adultes ont été beaucoup plus attirés par les effluves des rutabagas infestés que par les effluves des rutabagas non infestés lors d’une épreuve de choix. Les larves de la mouche du chou mêmes et la sciure de celles-ci étaient les sources d’indicateurs chimiques des rutabagas infestés. Toutefois, lors d’une épreuve de choix, les adultes ont été le plus attirés par les effluves des larves que par les effluves des rutabagas détériorés dans lesquels nous avions prélevé les larves en question. Nous ne nous attendons pas à ce qu’un prédateur généraliste utilise des signaux d’origine herbivore précis pour trouver sa nourriture, mais le fait que les adultes de A. bilineata sont plus attirés par les substances volatiles des larves que par les substances volatiles de la sciure semble indiquer que cette espèce a besoin des pupes de diptères pour se reproduire.
La discrimination intraspécifique de l’hôte est répandue chez les parasitoïdes solitaires dont les femelles adultes recherchent un hôte et en évaluent l’acceptabilité, tandis que la discrimination interspécifique est moins courante. Chez certaines espèces parasitoïdes, surtout chez les diptères et les coléoptères, la larve exécute la dernière étape du repérage d’un hôte. Il a été suggéré que la discrimination de l’hôte se produit rarement chez les larves qui cherchent ainsi un hôte et ce, parce que leur faible mobilité donne lieu à un faible taux de rencontre d’hôtes. Nous avons déterminé ce qui suit concernant les larves de Aloechara bilineota Gyllenhal (coléoptères : Staphylinidae), un parasitoïde solitaire des pupes agrégées de diptères : (1) mesure dans laquelle ces larves ont discriminé entre les hôtes non parasités et les hôtes parasités par des congénères; (2) mesure dans laquelle elles ont utilisé des indices semiochimiques pour effectuer cette discrimination; (3) mesure dans laquelle l’espérance de vie des larves, la présence de congénères et la disponibilité des hôtes ont influé sur le choix d’un hôte particulier; et (4) mesure dans laquelle A. bilineata et A. bipustulata L. (une espèce qui exploite les mêmes hôtes et que l’on retrouve dans les mêmes endroits) ont procédé à la discrimination interspécifique de l’hôte. Les larves de A. bilineata ont été capables de discriminer entre les hôtes non parasités et les hôtes parasités par des congénères lors d’une épreuve de choix. Ce genre de comportement n’avait jamais été décrit à ce jour en ce qui concerne les coléoptères parasitoïdes ou une espèce parasitoïde dont les larves recherchent des hôtes. La discrimination de l’hôte effectuée par cette espèce n’est pas fondée sur la présence d’indices visuels ou tactiles (par ex. : trous d’entrée) mais plutôt sur des indicateurs chimiques. L’espérance de vie d’une larve de A. bilineata était beaucoup plus courte en présence d’hôtes qu’en l’absence de ceux-ci, mais le taux de parasitisme atteint par les larves plus âgées était inférieur à celui que les jeunes larves ont atteint lors d’une expérience étalée sur 24 heures. Toutefois, l’âge de la larve et la présence de congénères n’ont pas influé sur le choix d’un hôte particulier par les larves de A. bilineata lorsque le ratio hôtes/larves était supérieur ou égal à 1. Lorsque les hôtes étaient rares, le niveau de superparasitisme a augmenté considérablement selon le nombre de congénères en quête de nourriture et l’âge des larves. Les deux espèces de Aleochara ont procédé à la discrimination intrapécifique et interspécifique de l’hôte lors d’une épreuve de choix. Contrairement à ce qui s’est produit chez A. bipustulata, les larves de A. bilineata ont plus souvent parasité des hôtes qui étaient infestés de congénères. Nous sommes d’avis que le phénomène de la discrimination de l’hôte est fréquent chez les parasitoïdes solitaires dont les larves recherchent des hôtes et ce, lorsque les hôtes sont agrégés.
Printemps 1999
Articles de revue
Beardmore, T., et Vong, W. 1998. Role of the cotyledonary tissue in improving low and ultralow temperature tolerance of butternut (Juglans cinarea) embryonic axes. Can. J. For. Res. 28: 903-910. La survie du noyer cendré (Juglans cinerea L.) en Amérique du Nord est menacée par le champignon Sirococcus clavigignenti-juglandacearum. À date, il n’existe pas de moyen pour contrôler cette maladie fongique et l’entreposage des semences à long terme n’est pas une option viable pour assurer la survie de l’espèce. La tolérance à des température basses (0, -5, -10, -15 et -40EC) et ultra basses (-196EC, cryoconservation) d’axes embryonnaires de noyer cendré isolé à partir de noix récoltées sur un arbre a d’abord été examinée. Les axes embryonnaires, avec approximativement 3 mm de tissu cotylédonnaire attaché à la région hypocotylédonnaire, ont germé après une exposition à 0, -5, -10, -15 et -40EC pendant 4 h et à -196EC pendant 24 h. Les pourcentages de germination après exposition à 0 et -5EC sont respectivement de 87 et 82 %, alors qu’ils sont respectivement de 29 et 27 % après des expositions à -10 et -15EC. Trente-deux pourcent des axes germent après exposition à -40EC et 36 % germent après exposition à -196EC. La tolérance à -196EC a été examinée sur des axes embryonnaires isolés de noix de 13 autres arbres. La tolérance aux basses températures varie de façon sigificative entre les arbres. Cette variation correspond au contenu en eau de l’axe embryonnaire, un contenu en eau de 4,8 % et moins exhibant une tolérance à -196EC. Une réduction par déshydration lente du contenu en eau des axes embryonnaires à 4,8 % ou moins résulte en une tolérance accrue à -196EC. Ces résultats suggèrent qu’un entreposage des axes embryonnaires à basses et ultra basse température peut être une méthode viable de conservation ex situ du noyer cendré.
Cusson, M., Lucarotti, C., Stoltz, D., Krell, P., et Doucet, D. 1998. A polydnavirus from the spruce budworm parasitoid Tranosema rostrale (Ichneumonidae). J. Invert. Pathol. 72: 50-56. L’épithélium calicinal de la guêpe Campopleginae, Tranosema rostrale, contient des polydnavirus ichnéumonides types qui semblent être associés d’une manière inhabituelle au chorion de l’oeuf. Cette dernière structure comporte de fines excroissances capillaires dont les plus longues sont regroupées autour de la pointe des oeufs. Dans la lumière de l’ovaire, le virus T. rostrale se loge entre ces excroissances et forme une couche particulaire à la surface de l’oeuf. Chez l’hôte, Choristoneura fumiferana, on remarque que les excroissances et les virions qui y sont associés sont tout près des membranes basales des tissus adipeux organiques et musculaires, auxquels les oeufs se rattachent rapidement à la suite de l’introduction dans l’hémocèle hôte. Nous abordons les répercussions de cette association inhabituelle virus-chorion par rapport à la protection immunitaire, à l’introduction du virus dans des tissus particuliers de l’hôte, et à l’évolution des polydnavirus.
Delisle, J., West, R.J., et Bowers, W.W. 1998. The relative performance of pheromone and light traps in monitoring the seasonal activity of both sexes of the eastern hemlock looper, Lambdina fiscellaria fiscellaria. Entomol. Exp. et Appl. 89: 87-98. L’activité saisonnière de vol du mâle et de la femelle de l’arpenteuse de la pruche, Lambdina fiscellaria fiscellaria Guenée (lépidoptères : Geometridae) a fait l’objet d’une étude de deux ans menée au Québec et à Terre-Neuve au moyen de pièges lumineux (L), de pièges à bouquet phéromonal (P) et d’une combinaison de pièges lumineux et de pièges à bouquet phéromonal (LP). La densité des papillons a influé considérablement sur le rendement des divers pièges, et les pièges P se sont révélés plus efficaces lorsque la densité était faible que lorsque la densité était élevée. Toutefois, le nombre de captures réalisées au moyen des pièges P a diminué juste avant que les premières femelles ne soient capturées et ce, probablement en raison de la concurrence entre les pièges et les femelles vierges appelantes. Presque toutes les femelles capturées au moyen des pièges L et les pièges LP avaient déjà été fécondées et même les premières femelles piégées avaient pondu au moins la moitié de leurs oeufs. Au Québec, durant les nuits chaudes, les mâles volaient à divers moments et les captures réalisées au moyen des pièges P ont atteint un sommet plus tard au cours de la scotopériode que les captures effectuées au moyen des pièges L mais dans l’ensemble, les deux types de pièges ont permis de capturer le même nombre de mâles. Par contre, au cours des nuits fraîches, les mâles ont été pris dans les pièges P et les pièges L au début de la nuit, ce qui laisse supposer une forte concurrence entre les pièges bien que l’on ait capturé un plus grand nombre de mâles au moyen des pièges P qu’au moyen des pièges L dans l’ensemble. À Terre-Neuve, le schéma de capture des mâles des pièges L était semblable à celui des pièges P et ce, lorsque la température était élevée et lorsque la température était basse, ce qui signifie que la concurrence entre les types de pièges était toujours élevée. Dans ces conditions, les pièges P se sont révélés plus efficaces que les pièges L. Indépendamment de la région, de l’année et de la température, on a capturé beaucoup plus de mâles à l’aide des pièges LP, l’effet des pièges L et des pièges P étant additif. Dans les deux régions, les femelles ont réagi de la même façon aux pièges L et aux pièges P, et on a constaté qu’elles étaient le plus actives au début de la nuit. On a capturé moins de femelles que de mâles lorsque le temps était frais, ce qui laisse supposer que les seuils de température influant sur le vol sont plus élevés chez les femelles. L’utilisation simultanée et/ou combinée des pièges L et des pièges P est abordée par rapport aux programmes de lutte antiparasitaire intégrée et à certaines considérations d’ordre écologique.
Erdle, T.A., et MacLean, D.A. 1999. Stand growth model calibration for use in forest pest impact assessment. For. Chron. 75: 141-152. L’évaluation quantitative des impacts des ravageurs forestiers constitue un élément important dans la conception des programmes forestiers et les programmes de contrôle des ravageurs. Une telle évaluation requiert des prévisions sur les populations de ravageurs, la définition de la nature et de l’étendue des dégâts infligés aux arbres par ces populations de ravageurs, et la transposition des effets des dégâts a différentes échelles, allant de l’arbre à la forêt en passant par le peuplement. Au coeur de ce processus, on retrouve les prévisions de développement des peuplements qui intègrent les impacts des dégâts au niveau des forêts. Nous discutons du rôle de la prévision de la croissance des peuplements dans ce contexte et nous proposons une méthode pour calibrer les modèles de croissance des peuplements qui peuvent être utilisés pour incorporer les effets des dégâts des ravageurs sur le développement des arbres et des peuplements. Cette méthodologie de calibration est illustrée pour les effets de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana Clem.) sur les peuplements d’épinette (Picea sp.) et de sapin baumier (Abies balsamea (L.) Mill.) au moyen de données provenant de parcelles-échantillons permanentes recueillies au Nouveau-Brunswick au cours des 20 dernières années. Les résultats ont démontré des relations directes entre les pertes de croissance en diamètre et la défoliation cumulative, et des relations indirectes entre la réduction de la survie et la défoliation cumulative. Les relations de perte de croissance étaient semblables pour les espèces étudiées, alors que les relations sur la réduction de la survie variaient entre les espèces et les classes d’âge. Nous avons utilisé ces relations comme intrants du modèle de croissance des peuplements STAMAN, et les prévisions ont été faites et comparées avec les études empiriques de développement des peuplements étant défoliés au cours d’une infestation de tordeuses des bourgeons de l’épinette. Les résultats laissent entendre que des approximations raisonnables de la réaction des peuplements à la présence des ravageurs peut être générée par des modèles et des séries de données relativement simples. L’utilisation judicieuse des prévisions de croissance des peuplements générées par de telles méthodes peut aider à répondre aux besoins de l’aménagement forestier et de la conception d’une stratégie de contrôle des ravageurs.
Korber, D., Beckley, T., Luckert, M., et White, W. 1998. Cultural, geographical, and sectoral refinements to measures of forest industry dependence. Can. J. For. Res. 28: 1380-1387. L’analyse de la base économique est une technique à portée restreinte mais au demeurant utile pour mesurer le degré de dépendance d’une communauté envers la forêt. Cette technique est limitée parce qu’elle ne permet pas de considérer l’ensemble des valeurs offertes par la forêt (p. ex., valeurs d’usage, d’agément, de patrimoine et d’existence). Toutefois, l’analyse de la base économique utilise des données de recensement facilement accessibles qui permettent une mesure précise de la dépendance d’une communauté envers l’activité industrielle que procure la forêt. L’analyse présentée ici intègre les réserves indiennes et les sous-divisions rurales de recensement auparavant exclues des études de dépendance employant la technique de la base économique. La mesure de la dépendance par la technique de la base économique est aussi améliorée par l’inclusion du secteur des paiements de transfert. Cet article expose des résultats sur la dépendance envers l’industrie forestière en utilisant des données tirées du recensement de 1991. Les résultats obtenus montrent que l’inclusion des réserves indiennes et des sous-divisions rurales de recensement augmente le nombre de personnes et d’endroits dans les provinces des Prairies qui s’avèrent dépendants des activités industrielles à caractère forestière. L’ajout du secteur des paiements de transfert à la base économique améliore, quant à lui, la définition du système comptable permettant le suivi d’éléments qui contribuent à la diversité économique des localités rurales. Les raffinements géographiques et sectoriels apportés aux calculs de la base économique débouchent sur une mesure plus précise de la dépendance envers l’industrie forestière.
MacDougall, A.S., Loo, J.A., Clayden, S.R., Goltz, J.G., et Hinds, H.R. 1998. Defining conservation priorities for plant taxa in southeastern New Brunswick, Canada using herbarium records. Biol. Conserv. 86: 325-338. Il est essentiel de mettre au point des bases de données biologiques pour être en mesure d’élaborer des stratégies respectueuses de l’environnement en matière d’aménagement des terres. En général, les données quantitatives qui permettraient d’atteindre cet objectif ne sont pas disponibles ou ne portent que sur quelques espèces. La collecte de données qualitatives sous forme d’herbiers constituerait une solution de rechange. Les herbiers sont souvent assemblés de manière non systématique mais on peut habituellement trouver des herbiers pour un grand nombre d’espèces. Nous avons étudié la possibilité d’utiliser des dossiers conçus sous forme d’herbiers pour établir les priorités de conservation des espèces végétales que l’on retrouve dans le sud-est du Nouveau-Brunswick au Canada. Nos objectifs étaient les suivants : (1) identifier les espèces végétales rares prélevées dans la zone d’étude; (2) regrouper ces espèces en fonction de l’affinité des habitats, et améliorer leur état de conservation en fonction de la vulnérabilité des habitats à l’utilisation actuelle et prévue des terres. Nous décrivons les variations temporelles et géographiques des prélèvements d’échantillons effectués pour le montage des herbiers. Au total, nous avons prélevé 351 échantillons aux fins de la préparation des herbiers, et ceux-ci représentent 161 espèces distinctes appartenant à 46 familles. Nous avons recensé neuf types d’habitats. Deux de ces habitats, dont l’un est une forêt de feuillus tolérants établie sur un sol riche et l’autre est une forêt de Thuja occidentalis établie sur un sol mouilleux, ont été classifiés comme des habitats menacés. Les prélèvements ont surtout eu lieu près de régions peuplées munies de voies d’accès ou dans des points chauds reconnus comme étant riches en espèces, qui ont fait l’objet de plusieurs visites. Les renseignements ainsi rassemblés sont restreints mais la collecte de données sous forme d’herbiers constitue un premier pas dans la bonne direction pour l’identification des espèces dont la conservation soulève des préoccupations et pour faire ressortir les lacunes de l’information actuelle qu’il y aurait lieu de combler par l’intermédiaire d’études plus poussées.
Roberts, B.A., Deering, K.W., et Titus, B.D. 1998. Effects of intensive harvesting on forest floor properties in Betula papyrifera stands in Newfoundland. J. Veget. Sci. 9: 521-528. Le Betula papyrifera (bouleau blanc) est un arbre que l’on retrouve couramment à l’échelle de la forêt boréale du Canada; il représente 12 % du volume total des arbres de l’île de Terre-Neuve. Cet arbre forme des peuplements purs à la suite des récoltes et des perturbations liées aux feux irréprimés et il constitue une composante courante de la plupart des peuplements de résineux. On connaît mal les incidences écologiques de la récolte d’arbres entiers et des méthodes de récolte conventionnelles de cette essence et la façon dont ces incidences varient selon les conditions pédologiques et l’état des sites.
Cette étude a pour objet d’examiner la production de la litière et des matières organiques ainsi que l’écologie connexe des sites dans neuf peuplements de Betula papyrifera de qualité moyenne à élevée, répartis dans trois zones de la région centrale de Terre-Neuve, dont les conditions topographiques et de drainage diffèrent. Nous avons sélectionné les trois sites suivants : Badger West (BW), Moose Pond (MP) et Middleton Lake (ML). Le site ML était de la plus haute qualité (comportant le meilleur ratio hauteur/âge, 18 m/60 ans, et le meilleur ratio hauteur/DHP, 18 m/30 cm); venaient ensuite les sites MP et BW. L’épaisseur de la litière sur les moders et les mulls bien développés atteignait en général de 2 à 3 cm et allait de 1 à 15 cm. L’épaisseur du tapis forestier (mesurée sur 324 profils) atteignait rarement 20 cm et allait généralement de 5 à 10 cm; l’épaisseur variait en fonction de la position et du site. Les données rassemblées quant à la quantité totale et disponible d’éléments nutritifs indiquent que parmi les types de forêts locales, les peuplements de B. papyrifera produisent l’un des types de matières organiques de la plus haute qualité et jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité des sites. La teneur moyenne en azote (N) du feuillage vert (2,21 %) et de la litière piégée (1,03 %) était le plus élevée sur le site de la plus haute qualité, c’est-à-dire le site ML, qui était suivi des sites MP et BW. La teneur en calcium (0,85 %) était le plus élevée sur le site dont la qualité était la plus faible. Quatre ans après la récolte, l’épaisseur de la litière avait considérablement diminué sur tous les sites et à la suite de tous les traitements, sauf sur le site BW à la suite du traitement axé sur la récolte d’arbres entiers. L’épaisseur totale du tapis forestier a diminué considérablement sur tous les sites à la suite du traitement axé sur la récolte de troncs entiers, et sur le site MP à la suite de la récolte d’arbres entiers.
Nous avons décelé une diminution marquée de l’azote disponible à la suite des deux types de traitements et ce, tant sur le site MP que sur le site BW. Le changement survenu quant à la quantité de phosphore disponible était négligeable, mais celle-ci a augmenté sur le site MP à la suite de la récolte de troncs entiers. La quantité de potassium disponible a diminué considérablement sur les sites ML et BW à la suite de la récolte d’arbres entiers mais elle a beaucoup augmenté sur les sites ML et MP à la suite de la récolte de troncs entiers. La quantité de calcium disponible a diminué de façon marquée sur les sites MP et BW à la suite des deux traitements.
Sweeney, J., Gesner, G., Bennett, R., et Vrain, T. 1998. Effect of mulches on persistence of entomopathogenic nematodes (Steinernema spp.) and infection of Strobilomyia neanthracina (Diptera: Antomyiidae) in field trials. J. Econ. Entomol. 91: 1320-1330. L’effet des paillis sur la persistance des nématodes entomopathogènes du genre Steinernema utilisés pour infecter les larves de la mouche granivore de l’épinette, Strobilomyia neanthracina Michelsen, a fait l’objet d’une étude dans le cadre d’une série d’essais sur le terrain qui ont eu lieu au Nouveau-Brunswick (Canada). Le paillis de tourbe a favorisé l’augmentation du pourcentage de mouches infectées par la souche 27 de Steinernema feltiae (= souche 27 de bibionis) [Filipjev], par S. feltiae Umea, et par la souche All de Steinernema carpocapsae (Weiser) chez les mouches que l’on a déposées sous la couche de tourbe sur le sol traité au moyen de nématodes. Toutefois, chez les mouches que l’on a déposées sur la couche de tourbe (pour simuler la chute des larves) lors d’une expérience subséquente, le pourcentage de mouches infectées par la souche 27 de S. feltiae a atteint moins de la moitié du pourcentage d’infection obtenu chez les mouches déposées sous la couche de tourbe. On a réussi à infecter beaucoup moins de mouches lorsqu’on a utilisé de la tourbe que lorsqu’on a utilisé du sable ou du terreau dans le cadre d’une expérience en laboratoire. La conservation de la couverture végétale naturelle et l’utilisation de paillis comprenant du foin ou un mélange de copeaux de bois et d’écorce ou encore de l’écorce n’ont pas permis d’augmenter le pourcentage moyen de mouches infectées par la souche 27 de S. feltiae au cours de la période de 21 jours qui a suivi l’application. Cependant, le paillis d’écorce a permis de réduire le taux de diminution du pourcentage d’infection à la longue. On a procédé à un appâtage répété au moyen de larves de la fausse-teigne de la cire dans le cadre de deux essais sur le terrain afin d’estimer le nombre de juvéniles infectants de S. feltiae présents dans le sol de zéro à trois semaines après l’application. On a décelé un lien positif entre le nombre de juvéniles infectants par gramme de terre et le pourcentage de mouches granivores infectées au cours d’une de deux années, mais le paillage a peu influé sur ce nombre. Le potentiel de succion du sol était considérablement plus faible à la suite de l’utilisation de paillis comprenant du foin, de l’écorce ou un mélange de bois et d’écorce qu’à la suite des traitements non axés sur l’utilisation de paillis. Les résultats des essais laissent entendre que les paillis mis à l’épreuve au cours de cette étude ne permettraient pas d’assurer convenablement l’efficacité ou la persistance de la souche 27 de S. feltiae aux fins de l’élimination de la mouche granivore au cours de la période de chute des larves, qui dure de deux à quatre semaines.
Sweeney, J., et Quiring, D.T. 1998. Oviposition site selection and intraspecific competition influence larval survival and pupal weight of Strobilomyia neanthracina (Diptera: Anthomyiidae) in white spruce. Ecoscience 5: 454-462.
La formation des cônes des conifères varie fortement d’une année à l’autre, de sorte que les cônes peuvent constituer une ressource limitante chez les endoparasites au cours d’années de faible abondance. Nous avons étudié cette situation chez Strobilomyia neanthracina Michelsen dont les larves se nourrissent uniquement de cônes d’épinette blanche, Picea glauca (Moench) Voss. Au cours d’une année de faible production de cônes, on a testé les prédictions voulant que la densité des oeufs, la survie des larves et le poids des pupes soient reliés positivement à la taille des cônes et que la survie des larves et le poids des pupes soient reliés négativement au nombre de larves se développant dans un cône. Bien que des travaux antérieurs aient démontré que S. neanthracina évite de pondre dans les cônes occupés par d’autres individus de l’espèce, plus de 90 % des cônes analysés renferment trois oeufs ou plus. Cette situation indique que les cônes constituent une ressource limitante chez les femelles. Le nombre d’oeufs par cône a augmenté de pair avec la taille des cônes, mais la pente de cette relation a varié de manière significative entre les clones d’arbres en pépinière. La survie des larves et le poids des pupes étaient positivement reliés à la taille des cônes et négativement relié au nombre d’oeufs éclos par cône chez au moins un des deux échantillons de cônes. Une baisse du poids des pupes associée à une diminution de la taille des cônes et à une augmentation de la densité des oeufs indique que la compétition se manifeste au troisième stade larvaire. Puisque la plupart des larves sont mortes avant le deuxième stade larvaire, bien avant de consommer beaucoup de nourriture, l’essentiel de la mortalité larvaire était probablement causé par une compétition inter-larvaire. Les clones d’arbre ont influencé de manière significative la survie des larves chez un échantillon de cône, ainsi que la relation existant entre la survie et le nombre d’oeufs éclos par cône chez un autre. Nos résultats appuient l’idée d’un lien entre la préférence des mouches pour de gros cônes et la performance de leur progéniture. Une faible survie des larves lorsque plus d’un individu se développe dans un cône indique que la sélection des cônes inoccupés est de type adaptif.
Depuis 1995, le gouvernement de la Nouvell-Écosse a dû élaborer des programmes d’aménagement pour les propriétaires de boisés privés afin de stimuler la production de bois sans avoir à dépendre des ententes fédérales-provinciales à coûts partagés. Ces nouveaux programmes doivent être aussi rentables que possible. Un outil politique probablement utile pour surmonter ces nouveaux défis consistent à élaborer une méthode d’identification des propriétaires de boisés privés susceptibles de participer à des programmes d’aménagement. Au moyen des données provenant d’un sondage provincial des propriétaires de boisés privés, deux modèles à entrée de données, établis d’après les caractéristiques des propriétaires de boisés privés, permettent de déterminer la possibilité que soit entrepris des activités d’aménagement et de mise en marché. Le modèle d’aménagement identifiait les propriétaires qui avaient reçu des conseils, qui avaient mis en marché du bois en provenance de leurs boisés au cour des cinq dernières années, ou qui détenaient des boisés de superficie supérieure à la moyenne comme étant susceptibles d’entreprendre des activités d’aménagement. Le modèle de mise en marché identifiait les propriétaires de boisés privés qui connaissaient les programmes en vigueur, qui aménageaient, vendaient des arbres de Noël, ainsi que les entrepreneurs forestiers, les membres des coopératives forestières ou les propriétaires de boisés privés de superficie supérieur à la moyenne comme étant susceptibles de mettre en marché des produits forestiers.
La réflectance spectrale du feuillage de l’orme a été mesurée avec un spectroradiomètre dans des conditions de laboratoire pour examiner les caractéristiques de réflectance associées avec les différents stades de la maladie hollandaise de l’orme. Des conditions précoces de la maladie résultent en un accroissement rapide de la réflectance dans le vert et le rouge et une réduction de la réflectance dans le proche infrarouge. Les symptômes tardifs incluent une diminution de la réflectance dans le vert et le proche infrarouge et un accroissement de la réflectance dans l’infrarouge à ondes courtes. On propose des recommandations pour la mise sur pied de programmes de détection précoces et de suivi en milieu naturel et urbain.
Nous présentons une liste de contrôle des 634 espèces de noctuelles appartenant à 14 familles ciblées qui comprennent les plus grosses espèces de noctuelles (les macronoctuelles) recensées dans le parc national Fundy et les forêts attenantes qui font partie de l’écosystème de la grande région de Fundy. Les espèces sont énumérées dans l’ordre où on les retrouve dans la plus récente liste de contrôle (Hodges et al. 1983), et la nomenclature suit celle qui a été établie par Handfield (1997). Mis à part les données concernant quelques espèces diurnes, toutes les données ont été rassemblées au moyen de pièges lumineux pendant une période de cinq ans (1993 à 1997). Notre liste de contrôle indique, pour chacune des espèces, le nombre de nuits de piégeage qui ont donné de bons résultats au cours de la période de cinq ans et le nombre total de sujets capturés. Ces renseignements donnent une idée de l’abondance relative de chaque espèce. Nous y avons aussi consigné les dates de vol extrêmes (au cours de la période de cinq ans) pour chacune des espèces en plus de résumer ces données sous forme de nombre total de jours.
On a identifié un gène situé immédiatement en amont du gène de la granuline du granulovirus de Choristoneura fumiferana (ChfuGV) et on l’a ensuite séquencé et nommé ORF891. Le cadre de lecture ouvert (ORF) potentiel détecté de 891 pb code une protéine dont la masse estimative est de 34,6 kDa. On a établi et analysé la carte chromosomique de l’extrémité 5' du produit du gène. L’organisation d’une possible région promotrice de ChfuGV ORF891 renferme un agent promoteur consensus de baculovirus tardif, TAAG, ainsi que deux possibles séquences TATA précoces semblables aux agents promoteurs de l’ORF909 du granulovirus de Cryptophlebia leucotreta (CIGV). La comparaison des séquences du ChfuGV ORF891 à celles du CIGV ORF909 et du granulovirus de Cydia pomonella (CpGV) ORF 124R a révélé des pourcentages d’homologie atteignant respectivement 60,9 et 63,9 % en ce qui a trait aux nucléotides, et 46,3 et 49,3 % pour ce qui est des acides aminés. Le pourcentage d’homologie relevé entre le ChfuGV ORF891 et le ME53 ORF du virus multicapsidique de la polyédrose nucléaire d’Autographa californica (AcMNPV) était de 68,2 % pour ce qui est des nucléotides, mais il n’y avait aucune homologie pour ce qui est des séquences d’acides aminés. Deux motifs en doigt à zinc sont en outre associés à ChfuGV ORF891.
On a cultivé des semis d’épinette bleue (Picea pungens Engelmann.) à partir de semences pendant huit semaines au cours desquelles on les a exposés à l’une de sept doses de rayons UVB allant de 0,0 à 9,2 kJ m-2 d-1. On a morcelé les aiguilles primaires émergentes pour ensuite les incuber pendant 48 h (22EC; 750 mmol m-2 s-1 RPA) avec [1-14C] CH3COONa. On a mesuréla radioactivité incorporée dans les cires épicuticulaires, au moyen de la radiochromatographie à émulsion mince. La dose de rayons UVB a influé sur la biosynthèse de nonacosane-10-ol, le principal constituant. Les résultats laissent entendre que s’il n’y a aucun autre facteur limitant, la dose optimale de rayons UVB pour la production de cire chez certaines forêts tempérées septentrionales se situe dans les limites de l’échelle de valeurs prévues dans le cadre de scénarios d’appauvrissement de l’ozone stratosphérique. Les niveaux de doses de rayons UVB qui dépassent ce seuil sont susceptibles de provoquer des changements dans la composition de la cire, ce qui risque de prédisposer l’arbre aux dégâts causés par d’autres agresseurs environnementaux.
Les cadres de référence adoptés pour évaluer l’état des forêts et l’intégrité fonctionnelle des processus de soutien des forêts sont susceptibles d’influer grandement sur notre perception de la santé des écosystèmes forestiers sur de grandes échelles de temps et d’espace. Les forêts de l’Amérique du Nord diffèrent par la superficie qu’elles occupent, les essences qui les composent, les perturbations qu’elles ont subies par le passé et les pratiques d’aménagement don’t elles font actuellement l’objet. Par conséquent, les répercussions qu’ont les changements qui surviennent sur le plan des contraintes environnementales liées à la pollution atmosphérique et/ou au changement climatique mondial ont sur la santé ces forêts varient considérablement à l’échelle du paysage. Les enquêtes sur l’état sanitaire des forêts qui mettent l’accent sur l’état moyen des forêts constituent un moyen crédible de représenter les tendances à court terme de la valeur économique, mais elles ne permettent pas de déceler les changements fondamentaux que subissent les processus qui soutiennent les valeurs en question à long terme. Des études de cas portant sur quatre types de forêts (pin du Sud, pin argenté, épinette rouge d’altitude et feuillus du Nord-Est) actuellement en cours ont permis de constater que les contraintes environnementales qui influent sur la croissance et les cycles nutritifs des forêts ont augmenté, ce qui indique que les concentrations ambiantes d’ozone et/ou de dépôts acides peuvent modifier les processus fondamentaux de répartition de l’eau, du carbone et des éléments nutritifs par les arbres forestiers. À la suite de telles modifications, les stress dus aux polluants engendrent une gamme élargie de facteurs de stress naturels qui influent eux aussi sur ces ressources et subissent leur influence. Les changements climatiques futurs sont susceptibles d’améliorer (+CO2) ou d’exacerber (+ température + UVB) ces effets. On a établi les prévisions actuelles concernant la réaction des forêts au changement climatique mondial sans tenir compte des modification physiologiques importantes dues aux polluants atmosphériques qui peuvent amplifier les cotnraintes climatiques. Ces modifications physiologiques comprennent la réduction de la masse, de la profondeur et de la foction des racines, ainsi que l’augmentation de la respiration et l’utilisation moins efficace de l’eau. Pour surveiller et comprendre la façon don’t les stress naturels et les stress d’origine anthropique influent respectivement sur la santé future des forêts, il faudra établir des programmes conçus pour évaluer, à intervalles pertinents à l’échelle de tous les gradients, les réactions des ressources forestières et des stress qui ont une incidence sur ces dernières. Ces programmes devront en outre être assortis d’études complémentaires axées sur les processus et les tendances, qui auront pour objet d’analyser plus rigoureusement les rapports de cause à effet entre les stress et la réaction des forêts et des cycles biogéochimiques qui soutiennent celles-ci.
Le groupe de travail actuel de l’IUFRO a convoqué des réunions ayant pour objet d’étudier l’état de la science dans chaque domaine. Des rapporteurs ont présentés des exposés oraux durant la séance de clôture en plénière. Les documents produits dans le cadre des cinq réunions convoquées sont inclus dans l’ordre établi par le groupe de travail de l’IUFRO.
Le thème de la conférence était « Zones protégées : prudence », phrase qui semble au cœur de nos préoccupations actuelles, tant dans notre vie personnelle que lorsque nous devons formuler la politique publique ou créer des produits vendables. Même dans les situations financières où la « prudence » est généralement de mise, nous estimons que notre bien-être individuel et collectif nécessite qu’on accorde une plus grande importance aux processus écologiques et aux formes de vie qui permettent notre survie. Le logo de la conférence était le symbole grec qui représente l’oikos, soit l’origine du mot « écologie » (oecologie) qui signifie l’étude de la maison. Ce symbole entoure ou renferme une image stylisée de la terre, ce qui représente l’interaction dynamique de l’air, de la terre et de l’eau. Vu sous un autre angle, le thème de la conférence nous a donc incités à nous pencher sur la notion de « prudence » sous des angles multiples qui intègrent les valeurs écologiques, sociales et économiques.
Nous avons pour la première fois préparé une carte nationale de base axée sur la stratification écologique des données rassemblées sur la défoliation causée par cinq principaux ravageurs forestiers au Canada. Le fait de présenter notre rapport dans un cadre écologique tout en comblant les nouveaux besoins internationaux et nationaux en matière de rapports nous permet de fournir des renseignements plus détaillés sous forme de cartes, de tableaux et d’histogrammes sur les perturbations dues à ces insectes en plus d’offrir la possibilité d’analyser plusieurs questions touchant la santé des écosystèmes telles que le changement climatique. Le présent rapport du Réseau sur la santé des forêts met l’accent sur la défoliation causée par la tordeuse de bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana Clem.), la livrée des forêts (Malacosoma disstria Hbn.), la tordeuse du pin gris (Choristoneura pinus pinus Free.), l’arpenteuse de la pruche (Lamdina fiscellaria fiscellaria Gn.), et le dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae Hopkins) durant la période s’étendant de 1980 à 1996.